Revues culturelles

"Kill City" de Iggy Pop et James Williamson

Avant de parler de l'un des plus méconnus albums de Iggy Pop, il est nécessaire de faire un pas en arrière. Après le succès extraordinaire des Stooges et leur brusque disparition (suite au brutal dernier concert, resté dans les mémoires de tous surtout pour l'inoubliable bootleg qui en a été tiré, Metallic K.O.), Iggy se retrouve sans projets, sans groupe, sans maison de disques et pratiquement sans public. Celui qui venait de se fabriquer un mythe grâce à Raw Power sombrait dans l'alcool et dans les drogues. C'est dans ce scénario que s'inscrit la collaboration avec son ancien guitariste James Williamson pour enregistrer quelques morceaux en studio. Nous sommes en 1975.

Pendant les brefs intervalles entre ses différents séjours en clinique de réhabilitation, Iggy Pop enregistre donc plusieurs chansons avec son anciens camarade dans l'espoir de convaincre une maison de production à signer un contrat. Mais ce qui est assez remarquable est que ceux qui n'étaient sensés être que des essais et des démos sont devenus des morceaux d'une qualité extraordinaire: malgré tous ses problèmes, Iggy trouvait la force pour chercher à faire de la nouvelle musique chargée de toute sa proverbiale énergie, tout en passant cinq ou six jours par semaine en clinique.

Ces rapides sessions d'enregistrement furent très productives. Aidés par Scott Thurston, un des plus polyvalents musiciens du panorama rock international, qui maîtrisait des dizaines d'instruments et qui continua à coopérer avec l'iguane pendant très longtemps, Iggy Pop et son compère James Williamson nous livrent une séquelle de chefs d'œuvre, restés pourtant plusieurs années dans un tiroir. Entre temps, Iggy Pop sort deux disques (Lust for Life et The Idiot) parrainés par son ami et sauveur David Bowie, renouvelle avec le succès et sort la tête de l'eau. C'est là que le label Bomp Records sort du tiroir ces démos et en fait Kill City, peut être le plus stoogesque des disques solo de Iggy Pop.

Un de plus mauvais stéréotypes que l'on ait entendu sur Kill City prétend que cet album ait un son similaire à celui des Rolling Stones: en principe j'évite d'écrire ce nom dans mes revues de musique, car ce groupe débile n'a rien à voir avec la musique, mais je dois le faire pour dissiper ce mythe insensé: Iggy a été imité par les pierres roulantes et pas le contraire. Ceci doit être clair à tout le monde. Iggy n'imite personne, c'est les autres qui l'imitent. L'anecdote suivante en dit long pour démontrer mes propos: un jour Mick Jagger rencontra Iggy Pop à une fête et lui demanda s'il devait l'appeler James (le vrai nom d'Iggy Pop est James Newell Osterberg Jr.). La réponse d'Iggy? "Tu peux m'appeler Iggy, comme tout le monde!"

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